Jean LE JEUNE exfiltré par ses camarades FTP
de l'hôpital-prison de Lannion le 9 mars 1944



voir le récit de l'arrestation de Jean LE JEUNE


Jean LE JEUNE
LE JEUNE Jean
Né le 17 avril à 1921 à Plévin dans le sud-ouest des Côtes-du-Nord. Issu d'une famille de cultivateurs. Apprenti forgeron. S'engage à 16 ans dans la Marine Nationale. Élève à l'école de l'aéronavale de Rochefort puis de Saint-Raphaël. Blessé au début de la guerre. Réformé en 1941. De retour à Plévin où il adhère au PCF clandestin. Devient fin 1943 responsable départemental des FTP, commandant "Émile". Participe à plusieurs sabotages. Dirige l'insurection populaire en juillet et août 1944.

récit tiré de l'ouvrage 'Itinéraire d'un ouvrier breton"
par Jean LE JEUNE, ancien responsable des FTP des Côtes-du-Nord

Les volets fermés, il ne me restait plus qu'à attendre la police qui arriverait très certainement au début de la nuit. Satisfait d'avoir écrit cette lettre, je ne regrettais plus la visite que Louise et Mantic auraient dû me faire. Comme tous les soirs après six heures, je reprenais mon entraînement de marche, voire de course à pied autour du lit de ma petite chambre cellule. Tout était calme quand sept heures sonnèrent à l'horloge de l'hôpital. Les sœurs devaient être à la prière. Je venais de me remettre au lit quand soudain j'entendis une voix sur le palier s'exclamer : "Haut les mains ! Trop tard tu es refait !" Aussitôt je perçus le bruit d'une mitraillette qu'on arme. Mon cœur battait à cent à l'heure. Je ne réalisais pas très bien ce qui se passait. Je me demandais si c'était l'œuvre des camarades on une provocation... La porte de ma chambre-prison s'ouvrit : deux hommes apparurent. À peine les avais-je reconnus que, d'un bond, j'étais hors de mon lit. Il s'agissait de Pierre LE GUEN de Rostrenen et de Job LOUET de Trébrivan, un ancien champion de lutte bretonne. Mes deux camarades furent surpris de me voir debout. Quand je leur demandai s'ils n'avaient pas un pantalon pour moi. ils m'expliquèrent qu'ils pensaient me transporter dans une couverture car on leur avait dit que je ne pouvais pas marcher. Ce n'était pas grave car je mis une couverture sur mon dos pour compenser la chemise trop courte. Nous sommes donc sortis bien vite. Là je reconnus sur le palier FISTON malgré ses lunettes : il avait la mitraillette au poing et tenait en respect les deux policiers. Le plus vieux me voyant sortir fit d'une voix pleurnicharde : "'Vous ne voyez pas dans quelle situation vous nous mettez ?" Fiston rétorqua aussitôt en me désignant : "Et le copain, lui ? Dans quelle situation il se trouve ?" Le gendarme insista en disant qu'il avait quatre enfants, Job LOUET le prenant par la manche lui dit que s'il craignait d'être sanctionné, il pouvait toujours venir nous rejoindre car il restait encore de la place au maquis. Alors que j'avais commencé à descendre les escaliers, je me suis rappelé que j'avais oublié l'étui de mon peigne contenant le plan et aussi la lettre pour Raymonde. Je fis alors demi-tour pour les récupérer. En bas de l'escalier, Louis LE MOAL de Saint-Nicolas-du-Pélem, mitraillette au poing, gérait la circulation, calmant les bonnes sœurs effrayées par tous ces hommes armés. "Petit Louis" me dénicha dans un vestiaire un vieux manteau qu'il m'enfila sur les épaules. À l'entrée de l'hôpital, Marcel PAVEN de Plounévez-Quintin, mitraillette à la main, interdisait toute entrée et sortie de l'hôpital. Je traversais la cour, toujours accompagné de Pierre LE GUEN. Je respirais. Comme il faisait encore jour (1), j'aperçus aux fenêtres beaucoup de curieux qui regardaient et qui assistaient apparemment satisfaits à cette scène de "western". Dans la rue, devant la grille de l'hôpital, était garée une traction noire. Appuyé sur le capot, mitraillette à la main, se tenait Noël COZIC. Je m'allongeai alors sur le matelas que les camarades avaient récupéré sur mon lit d'hôpital et installé sur le plancher de la voiture. Le temps de rassembler tout le monde me sembla une éternité.
La voiture démarra en trombe mais chacun savait bien que ce n'était pas encore la victoire. Le premier obstacle fut le passage entre les chevaux de frise sur le pont Saint-Anne gardé par deux Allemands. L'insigne de la Croix-Rouge sur le pare-brise de la voiture leur inspira sans doute confiance car on passa sans problème. Noël qui conduisait continua sa route tout droit et traversa la ville.
Cela allait déjà mieux. Alors on prit le temps de se dire bonjour et même de faire les présentations car je voyais pour la première fois Petit Louis, LE MOAL et PAVEN.
- Où va-t-on ? demandai-je aussitôt.
- À Saint-Nicolas-du-Pélem ! me répondit FISTON.
- Mais nous ne sommes pas sur la route de Tréguier ? Fis-je alors remarquer à Noël qui freina brutalement.
Il se renseigna auprès d'un paysan qui transportait des fagots sur sa charrette tirée par un cheval. Il fallait faire demi-tour et prendre la première route avant le pont pour aller dans la direction de Guingamp. Je suggérai à Noël de rejoindre Rospez, Cavan puis Bégard par des petites routes. Je connaissais bien le secteur, l'ayant sillonné à vélo. Rapidement, on se sentit plus rassurés. On m'expliqua que le parachutage avait bien eu lieu et que tout s'était bien passé, sous la conduite de Pierre MENGUY qui avait de ce fait fourni les mitraillettes et les grenades pour cette expédition.
- As-tu vu Louise et Mantic ? me demanda FISTON.
Comme je lui répondis par la négative, il se montra inquiet. Mais Job LOUET, d'une voix calme, fit rire tout le monde en disant que si elles avaient été arrêtées, on reviendrait les chercher le lendemain.
Il expliqua alors comment il avait introduit les deux gendarmes dans ma chambre. Il les fit s'allonger sur le lit sous la menace de sa mitraillette car ils étaient réticents. Puis, il avait cassé une ampoule de chloroforme sur un tampon de coton qu'il leur avait appliqué sous le nez. Le plus vieux avait fait semblant de dormir aussitôt, fâchant notre "anesthésiste" qui cassa une deuxième ampoule et lui administra une autre dose. Il avait alors quitté la chambre après avoir enfermé les deux gardiens à l'intérieur. À son tour, Noël expliqua comment il fut aidé par un camionneur qui, ayant vu l'équipe sortir de la voiture avec les mitraillettes plus ou moins bien dissimulées, comprenant qu'il s'agissait de résistants et avait fait arrêter les autres véhicules pour lui permettre de garer la traction de telle sorte qu'elle soit prête à partir.
On approchait maintenant de Bégard, chacun se préparait à riposter. Comme je n'avais pas de mitraillette, FISTON me tendit l'arme qu'il avait prise au policier, un joli pistolet mitrailleur. Il avait également récupéré deux pistolets 7.65 mm. On reprit la route nationale et on traversa sans encombre Bégard, puis Pédernec où on vit les Allemands embarquer dans des camions comme s'ils étaient en alerte. Il ne restait plus qu'un passage difficile : le carrefour de la Nationale 12 à Guingamp qui était pratiquement toujours gardé par les feldgendarmes. On aborda donc ce carrefour les canons des mitraillettes rivés sur les portières. À notre grande surprise, il n'y avait personne. Arrivés sur la route de Bourbriac, on était chez nous, aussi tout le monde était très décontracté. Un petit incident pourtant stoppa la voiture. Noël, fort inquiet pour sa boîte de vitesse, vérifia mais ne trouva rien. La nuit commençait à tomber. Allongé sur le plancher de la voiture, j'avais senti que quelque chose traînait sur la route, aussi je demandais à Noël de vérifier si rien ne s'était accroché sous le véhicule. Il sortit de dessous de la voiture une vieille jante de vélo qui s'y était coincée. Soulagés une lois de plus, on reprit la route.
Contrairement à mes habitudes, je parlais beaucoup car j'étais tellement curieux de savoir ce qui s'était passé depuis trois semaines. Mais FISTON, voyant que par moment le souffle me manquait me pria de m'arrêter. Arrivés à Bourbriac, on rencontra un barrage de gendarmes dans le bourg. À la vue de nos mitraillettes, ils n'insistèrent pas pour nous arrêter. On accéléra alors l'allure car FISTON conclut que l'alerte avait été donnée et que la police était maintenant au courant que l'on était passé a Bourbriac. Il fallait donc rentrer vite mais prudemment à Saint-Nicolas-du-Pélem en profitant de la tombée de la nuit pour ne pas se faire remarquer. Après avoir bifurqué à gauche après Kerien, on arriva à Saint-Nicolas-du-Pélem par des petites routes.
La voiture s'arrêta devant la porte du cabinet du docteur BONNIEC. On me fit entrer dans la maison, j'étais heureux car je commençais à réaliser ce qui m'arrivait. J'étais heureux surtout pour les camarades qui avaient risqué gros pour préparer et réaliser cette expédition. Mais il fallut nous séparer rapidement car on me conduisit dans une chambre où je fus couché dans un bon lit moelleux en pyjama. Le docteur après m'avoir ausculté déclara que tout irait bien car le cœur était bon. Madame BONNIEC, une grande dame blonde très élégante m'apporta de la purée et une tranche de jambon. Je n'avais pas faim mais je mangeai pour lui faire plaisir. Après la dernière visite du docteur, je me suis retrouvé seul dans le noir essayant de réaliser ce qui venait de m'arriver. Je n'ai pas fermé l'œil de toute la nuit. J'ai pensé à la tête de tous mes visiteurs qui m'avaient proféré tant de menaces, le commandant de la Feldgendarmerie qui le matin même se frottait les mains de satisfaction, le lieutenant FLAMBARD, le gros adjudant de Lannion, l'aumônier de l'hôpital et je pensais surtout à la joie des amis, des parents, de toute ma famille.
Alors que tous les camarades de l'expédition entourés de quelques autres amis qui avaient aidé à l'organisation se retrouvaient à l'hôtel BERTRAND, il y eut une alerte. Le gendarme MOISAN, qui était à son poste, au barrage sur la route, était venu à pied annoncer que FLAMBARD et les Allemands étaient arrivés à Saint-Nicolas-du-Pélem. Tous se précipitèrent et sortirent par l'arrière du café. Fort heureusement, le convoi de gendarmes français et allemands ne fit que passer dans la ville, ainsi les camarades n'eurent-ils pas à intervenir. Toutefois, tirant la leçon de cette alerte, une garde fut mise en place pour la nuit. Cette garde resta en contact permanent avec nos deux camarades de la gendarmerie (2).
Pourquoi les Allemands nous ont-ils suivi jusqu'à Saint-Nicolas-du-Pélem ? C'est assez simple à expliquer. Bien entendu, à peine avions-nous quitté Lannion que l'alerte fut donnée. Après s'être renseigné, ils conclurent que nous étions allés vers la côte dans le but pensaient-ils d'un embarquement pour l'Angleterre. Aussi, nous apprîmes plus tard que toutes leurs premières recherches se firent dans la région côtière. Quand la nouvelle de notre passage a Bourbriac fut signalée par la gendarmerie, une heure plus tard, FLAMBARD avec deux voitures de sa brigade et trois voitures allemandes, passa à Bourbriac, prenant la même route que nous. Seulement, au lieu de tourner à gauche pour aller sur Kerpert il continua tout droit vers Plounévez-Quintin et prit la direction de Rostrenen. Arrivés à Rostrenen, il furent déçus d'apprendre qu'on ne nous avait pas vus. Alors, revenant sur leurs pas, ils foncèrent sur Plounévez-Quintin puis Saint-Nicolas-du-Pélem. Mais là également, les gendarmes de garde n'avaient rien vu. Passablement énervés et déçus, nos "chasseurs zélés" continuèrent leur route vers Corlay puis rentrèrent bredouille dans leurs casernes.
Les camarades n'avaient rien négligé pour la réussite de cette expédition pourtant si périlleuse. Dès que la nouvelle de mon arrestation fut connue, les responsables de la Résistance dans le secteur Sud-Ouest se rencontrèrent et décidèrent d'organiser mon enlèvement. Pour ce faire, il fallait réaliser un certain nombre de conditions : trouver les armes, la voiture, l'essence, des renseignements sur ma santé, les plans des lieux, déterminer le jour et l'heure de l'expédition, demander l'aide des camarades de Lannion, trouver les participants à l'expédition et régler bien d'autres questions encore. Noël COZIC assura l'essentiel de l'organisation et notamment la recherche de renseignements. Pour cela, il fit plusieurs voyages à Lannion où il réussit, par l'intermédiaire d'un pharmacien de la ville, à entrer en contact avec le médecin qui me soignait. Noël se paya même le luxe de venir à l'hôpital pour établir un plan des lieux. II fut aidé, il est vrai, pour tous ces renseignements et tâches par le responsable des jeunes FUJP (3) de la région de Lannion, c'est-à-dire Yann LE FLOCH'MOAN, YANNIG dans la Résistance. Il apprit qu'il était impossible de m'enlever avant un mois, ce qui lui donnait le temps nécessaire pour préparer au mieux l'expédition. Cela faisait également les affaires de Pierre MENGUY qui était chargé de trouver les armes et qui allait pouvoir compter sur le parachutage début mars. Un grossiste en matériel agricole à Gouarec et ancien patron de Noël devait fournir la "traction" -la sienne- qui était toute neuve et qui avait échappé à la réquisition. Il ne manquait que la batterie et les pneus. Le point le plus difficile à régler était la constitution de l'équipe car ils voulaient tous être de l'expédition, or, il n'y avait que six places. Pierre MENGUY fut terriblement déçu. Il avait beaucoup de responsabilités et était indispensable sur le secteur ; les camarades, à juste raison, pensèrent qu'il ne devait pas courir ce risque. Enfin, la direction militaire de cette opération fut confiée au plus ancien et au plus expérimenté, au camarade BERTHELOM, FISTON dans la Résistance. C'était un ancien militaire de la Coloniale et un solide militant communiste.
Le 8 mars, la veille donc de cette opération, Noël est revenu à toute allure à vélo de Lannion. II venait d'apprendre que les Allemands devaient me transférer le vendredi matin à la première heure : il fallait donc agir sans tarder. Aussitôt, les camarades furent prévenus, la voiture mise en état, les armes préparées. Le jeudi midi, 9 mars, l'expédition quitta Saint-Nicolas-du-Pélem. Alors que la voiture était déjà sur la route, Fernande COZIC, la petite sœur de Noël. s'aperçut qu'il avait oublié les deux ampoules de chloroforme fournies par le pharmacien de Saint-Nicolas-du-Pélem. Alors, elle enfourcha aussitôt son vélo et fonça vers Callac car elle savait qu'ils devaient y récupérer au passage les armes.

L'expédition était en avance sur l'horaire alors ils firent une halte à Saint-Houarneau dans le café COUSTER sur la route de Maël-Pestivien. FISTON était intransigeant sur l'itinéraire, la sécurité, et surtout l'horaire. Il fallait arriver devant l'hôpital à 7 heures précises car les camarades de Lannion devaient couper les lignes téléphoniques tout autour de la ville. Malheureusement, cette action s'avéra irréalisable au dernier moment en plein jour. Nos camarades l'ignoraient et c'est heureux car leur assurance et leur confiance en auraient peut-être été altérées.
Il y avait un détail qui m'avait beaucoup frappé et qui m'aurait fait rire en d'autres circonstances : les six camarades étaient habillés en "gentleman" : cravate, chapeau, souliers cirés... En les voyant arriver à l'hôpital, j'avais pensé que l'annonce de la visite de Louise dans la lettre de Raymonde signifiait en réalité la visite des camarades, mais il n'en était rien. FISTON me confirma dans la voiture : aucun camarade de Plévin n'avait été tenu au courant de cette expédition car le secret aurait été difficile à garder et l'opération certainement compromise. Les deux visiteuses étaient donc bien arrivées à Lannion dans l'après-midi du 9 mars. À la gendarmerie, on les fit attendre longtemps pour finalement leur annoncer qu'il était trop lard pour la visite et qu'il fallait revenir le lendemain matin à 9 heures. Elles s'en allèrent donc en ville chercher une chambre d'hôtel et se couchèrent très tôt. Il est vrai qu'elles avaient fait plus de 80 km à vélo. Le lendemain matin, deux gendarmes les attendaient à la sortie de l'hôtel pour les accompagner à la gendarmerie. L'attitude des gens dans la rue et surtout le remue-ménage qui régnait à la gendarmerie leur fit penser que quelque chose d'anormal s'était passé, mais elles étaient loin de penser qu'il s'agissait de mon enlèvement. Vers 10 heures, on les fit rentrer dans le bureau. Le lieutenant de gendarmerie s'adressa à ma sœur ainsi : "Mademoiselle LE JEUNE, votre frère s'est échappé de l'hôpital hier soir." Louise, visiblement abasourdie par cette nouvelle, ne sut pas quoi répondre. Par contre, Mantic qui était très décontractée, ne cacha pas sa joie. Le lieutenant s'adressant à cette dernière lui dit : "Vous avez l'air contente, Mademoiselle." Elle lui répliqua : "Pourquoi le cacher ?" Et le lieutenant de conclure : "Si vous êtes contente, moi aussi. Malheureusement, je dois vous garder à sa place." Aussi retournèrent-elles à leur place dans la salle d'attente sous la surveillance de gendarmes. Elles comprirent à cet instant la nervosité qui s'était emparée de la police. Même le fameux MULLER de la Gestapo était là. Elles apprirent aussi que les deux gardiens chloroformés furent emprisonnés.
Louise et Mantic attendirent sagement et mangèrent de bon appétit à midi : elles avaient tout ce qu'il fallait dans leurs valises. Vers 17 heures, on les fit à nouveau entrer dans le bureau du lieutenant pour s'entendre dire qu'elles étaient libres. Elles n'en demandaient pas plus. Elles enfourchèrent aussitôt leur vélo et arrivèrent à Guingamp avant le couvre-feu où avec beaucoup de mal elles réussirent à voir Raymonde au lycée. Avec beaucoup de mal, car la directrice, qui avait de la sympathie pour l'occupant, menait la vie dure aux élèves comme ma soeur. Raymonde réussit à faire introduire Louise et Mantic dans le dortoir où elles passèrent la nuit. Il est vrai que les trois-quarts des élèves de terminale étaient dans le coup. Louise et Mantic avaient été relâchées dans le but de servir d'appât pour retrouver mes traces, mais c'était peine perdue car les camarades déjà bien aguerris, n'auraient jamais commis une telle imprudence. Aussi, ce ne fut que bien plus tard que je devais revoir mes parents et mes amis. Pendant ce temps-là, le commandant de la Feldgendarmerie s'arrachait les cheveux.

(1) Heure allemande. GMT +2.
(2) À Saint-Nicolas-du-Pélem il y avait deux gendarmes résistants dans les FTP depuis le début. C'était deux magnifiques patriotes qui hélas furent arrêtés lors de la rafle du 19 mai 1944 à cause de leur activité et ils furent déportés en Allemagne d'où ils ne revinrent pas. Un d'entre eux, le camarade MOISAN, était le chef du détachement FTP.
(3) Forces Unies des Jeunesses Patriotiques.


au premier rang de gauche à droite :
Lieutenant Xavier, Commandant Guy Lambert,
Commandant Chevallier du 1er bureau et Commandant Émile Jean Le Jeune.

deuxième rang :
Lieutenant Tintin (Le Stang), Capitaine Henri (Le Blé),
Capitaine Eugène, Lieutenant Gorgu, Lieutenant Maurice Bentolila "Gorguloff".

Absents sur la photo : Colonel Marceau (Le Hégarat),
Commandant Jacky (Jean Hudo) et Commandant Rolland.